Bonjour à tous,
le scalping est un sujet qui me passionne. La discipline est passionnante comme l'est le trading en général mais elle nourrit aussi et surtout chez nous tous tout un tas de fantasmes (assumés ou baignés dans l'inconscient) très spécifiques au trading. Je me permets donc de vous apporter ma vision des choses.
Tout d'abord, l'on trouve autant de définition du scalping que de trader ! L'un de vous dira que scalper c'est un à deux points, l'autre verra les choses autrement… Quelle différence entre un trade de 1 point qui dure 5' et un trade de 15 points qui a duré 5'' ? L'un serait-il du très court terme et l'autre du scalping ? Faire du très court terme serait-il plus abordable que le scalping ? Ne peut-on pas définir le scalping par tout ce qui n'est pas supérieur aux horizons de temps de l'intraday ? Peu importe. Tout cela est éminemment lié aux conditions de marché du moment.
Je vois les mêmes difficultés dans la pratique du trading très court terme décrite par SixFeet que par les autres post ici. L'important est d'identifier les difficultés propres à ce trading pour agir sur les bons leviers au moment de l'apprentissage.
Le scalping est en effet, je pense, la discipline la plus difficile à pratiquer avec succès mais qui motive bien souvent le plus grand nombre : en théorie, il devient possible de se faire une heure de scalping n'importe quand la journée et que le nombre de positions "prenables en scalping" est tel que la discipline nous assure notre quota d'adrénaline. Je passe sous silence ce que les réseaux sociaux peuvent véhiculer comme image, non sans impact sur notre perception de la chose, et qui l'est bien souvent par des individus vaniteux qui ne partagent que leurs séances en gain, ce qui contribue à alimenter des mythes par nature infondés.
Il faut donc remettre quelques vérité en place je pense :
- on ne se fait pas plus d'argent avec le scalping qu'avec les autres disciplines, question de money management, à moins d'être ultra expérimenté (Robby par exemple) ;
- une séance ou deux de gains ne présagent pas de pouvoir pratiquer le scalping gagnant sur le long terme car il suffit d'une boulette psychologiquement male gérée pour tout remettre en question. La clef n'est donc pas dans le développement du système en lui-même mais dans le développement de la capacité à gérer les boulettes ;
- être gagnant en intraday ou en swing ne présage pas de l'être en scalping. Le scalping nécessite probablement un apprentissage à part entière. D'ailleurs, cette discipline n'est pas adaptée à tout les types de profils psychologiques - cela relève d'une forme de darwinisme qui déplaît mais je le crois ;
- se mettre devant son ordi et scalper pendant 1h n'est pas forcément le meilleur moyen de réussir. Une séance se prépare. Il faut avoir en tête les niveaux de prix, les zones d'intervention ainsi que ce qui s'est passé dans la journée (ou dans la séance du sous-jacent en question) si l'on arrive plutôt tardivement sur ses écrans (toujours le même item sur les conditions de marchés). D'ailleurs, toutes les conditions de marché ne sont pas propices au scalping ;
- il y a d'ailleurs plusieurs type de scalping. Chacun ayant ses particularités. Robby est indéniablement un scalpeur, Benoit Rousseau aussi… les 2 ont des systèmes très différents (gestion des positions, TP, prise de décision…). Mais les 2 arrivent à encaisser des positions bien supérieures à 2 points… selon les conditions de marché et graphiques.
- etc.
Quelques vérités étant établies, pourquoi le scalping est si difficile ? Parce que :
- résistance au stress : chaque prise de position ayant un impact psychologique, la discipline impact largement plus sur le système nerveux que le reste des opérations de trading. Arrive toujours une boulette. Au moment où elle arrive, notre disposition à la gérer est obérée par la fatigue qui l'a elle-même provoquée ;
- patience : on voit des set-up partout là où il n'y en a pas. Le scalpeur (ça a été très bien dans les posts précédents) est un sniper. Pour 2 points ou plus, il peut attendre assez longtemps. Il attend sa zone, son niveau de prix… Donc le scalpeur aussi, prépare sa séance et fait ses plans ;
- clairvoyance : il est capable de prendre des décisions aussi solides qu'en intraday où l'on a des temps d'analyse et de réflexion plus large, en quelques instants pour s'adapter à une configuration à forte probabilité de réussite ;
- pas d'état d'âme : pour couper une position. Là se trouve l'un des clefs. D'ailleurs, le travail en scalping sur ce point en particulier apporte beaucoup pour la pratique du trading en intraday ou swing… Les états d'âme en général n'apportent rien.
Bref, SixFeet, tu veux faire du scalping ou du très court terme en couplant Ichimoku et le MP. Alors, ce qui vient d'être dit me parait valable. Quoi qu'il en soit, d'autres traders sont passés par là avant toi. Il n'y donc pas de système puissant plus qu'un autre. Si l'association d'Ichimoku avec le MP était puissant, cela se saurait déjà ! Ce qui sera puissant, c'est ce que toi tu y verras, en fera et comment tu l'exploiteras par une discipline, une rigueur développer au grès des séances et acquis de manière TOTALEMENT empirique. Il faudra donc allouer un capital perdu d'avance pour t'entraîner. Tout est dans l'entraînement qui va te permettre de concevoir et peaufiner ta méthode, de dis bien TA méthode (que tu te sois inspiré de celle des autres (Gniako par exemple) où que tu l'ais inventé intégralement). Tout est possible, il suffit de se donner les moyens. Les martingales n'existent pas… elles se crées au plus profond de nous.




