Que faire quand on ne trade pas ?Comme la plupart des traders à mon avis, je fais face à un problème psychologique de taille : l'ennui et l'impatience. C'est-à-dire que je fais des analyses pertinentes, des plans ingénieux, et puis, à force de regarder mes graphiques... la ligne très nette entre "ce que je vois" et "ce que j'envisage" s'estompe de plus en plus.
Alors évidemment, on voit partout "qu'il faut être patient", mais la force psychologique connaît une limite (j'en parlerai une autre fois, il y a beaucoup à dire sur le sujet), et on ne peut pas l'ignorer.
J'ai développé plusieurs stratégies pour gérer ce problème, l'une d'elle consiste simplement à s'occuper intelligemment. On peut déjà faire tout autre chose que du trading, en posant une alarme ou en retournant voir de temps en temps. Mais ce n'est pas mon sujet. Le but de ce post est plutôt de se faire une petite liste d'occupations en lien avec le trading (donc qui maintiennent le contact avec les marchés, et permettent de monter en compétence) mais qui ne nécessitent pas de prendre position.
1) Journal de tradingOn en a déjà parlé plein de fois, à mon avis c'est l'une des occupations les plus rentables en rapport de ratio temps investi/progression des compétences. On y note ses trades (au minimum, ceux qu'on a fait, et on peut même ajouté ceux qu'on a envisagé), et on y commente son entrée en position, sa sortie, ainsi que la psycho.
A mon sens il y a plusieurs paramètres vitaux à mentionner (
règle C3S-MP, déjà mentionnée ici) :
-Contexte : est-ce qu'on a bien lu le sens général du mouvement
-3 niveaux : le stop et le TP étaient-ils bien placés ? Considérant ça, le niveau d'entrée était-il bon ?
-Signal : le signal était-il valable ? Prématuré ? Précoce ? Idéal ? Tardif ?
-Money management : la gestion du risque et le ratio sont-ils corrects ?
-Psychologie : est-ce que, en regardant le trade après coup, ça nous semble faire sens, ou relever de la pure faute par faiblesse psychologique ?
Il est bon de retourner voir après sa sortie ce qui s'est passé (l'idée étant de toujours voir quelle a été la fin de l'histoire).
2) L'analyseOn peut travailler son analyse en faisant des analyses, tout bêtement. Là aussi, il faut retourner voir ensuite si ce qui s'est passé collait avec ce qu'on voyait sur les graphiques.
3) Tracé des S/RDans un registre beaucoup plus simple, on peut se contenter de tracer les niveaux de prix sur un graphe. Là encore, il faut retourner voir après si ces niveaux ont effectivement été travaillés par les prix, et ce qui s'y est passé.
4) Faire des prédictionsGlobalement, le trading reste un exercice de prédiction, assorti d'un money management strict et d'une bonne gestion psychologique. Dans cette logique, il y a plusieurs types de "prédiction" que l'on peut faire.
a) Prédiction de tempsLorsque les prix semblent monter ou baisser, on peut d'abord essayer de deviner si le mouvement en est à son début, son milieu, ou sa fin. A noter qu'une fin de mouvement, ce n'est pas forcément un retournement. Ça peut aussi être des prix à plat avant de poursuivre leur route.
b) Prédiction de zoneDans le cas où les prix entament un mouvement, on peut aussi essayer de deviner leur destination finale.
Dans les deux cas, il faut retourner voir ensuite si la réalité a été cohérente avec nos prédictions.
5) Statistiques de tradingDans mon expérience, il ne faut pas trop prendre en compte de données (personnellement, après j'ai du mal à m'y tenir). Mais il est intéressant de se pencher régulièrement, mettons, sur ses 20 derniers trades et de voir si des schémas se dégagent. C'est comme ça que j'ai appris que je coupais mes gains trop tôt, que trader le vendredi ne posait pas spécialement de problème financier, et que presque tous mes trades perdants étaient purement de ma faute et étaient évitables.
6) Un peu de culture générale du tradingLa culture générale, c'est un peu la même chose partout, j'ai l'impression. Individuellement, ça ne sert à rien. On ne trade pas mieux parce qu'on vient de lire un truc sur les vagues d'Elliott, les stochastiques ou la macro-économie. Mais avec le temps, ça décante, et un beau jour, on "lit" mieux le marché. Il est donc à mon sens toujours bien de se cultiver. A condition, et c'est important, que ces données supplémentaires ne viennent pas "parasiter" notre méthode de trading déjà en place.
6) L'auto-explicationOn dit à raison que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, les mots pour le dire viennent facilement". Le trading, ça nécessite une méthode. Et une bonne méthode, c'est une méthode qu'on peut expliciter en quelques concepts simples. Cela fait personnellement quelques temps que je me livre à un exercice (que je ne réserve pas qu'au trading d'ailleurs) visant à faire un "cours" regroupant ce que j'aurais voulu qu'on m'explique à mes tous débuts. J'ai eu quelques succès en ce sens, mais jamais de succès définitif et total. Mon opinion est que le jour où j'y parviendrai complètement, j'aurai alors une méthode claire et nette, et les clés de la réussite en main.