Analyse fondamentale

Analyse fondamentale

Messagepar DarkandGold » 12 Oct 2024, 17:59

Bonjour à tous, j'ouvre ce sujet essentiellement à l'adresse des investisseurs écumant le marché des actions :) .

Au-delà de l'analyse technique que nous réalisons toutes et tous via Ichimoku ou d'autres indicateurs techniques fétiches, il se trouve que pour de l'investissement à long terme, l'analyse fondamentale soit très importante et donc à ne pas prendre à la légère.

C'est donc pour cette raison que j'ai souhaité ouvrir ce sujet, plus précisément pour que vous partagiez votre méthode d'analyse fondamentale. Notamment les chiffres / ratios que vous considérés comme importants voire essentiels d'étudier avant de vous positionner :)
"La réussite et l'échec se trouvent sur le même chemin, la réussite est simplement un peu plus loin."

"Ne prouve pas aux gens qu’ils ont tort, mais prouve à toi-même que tu as raison."
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar Shocko » 12 Oct 2024, 19:50

Hello,

Un ptit tip :

J'avais lu un sujet car je ne comprenais pas pourquoi le cours d'une action peux chuter après une "bonne nouvelle". Je retrouve plus le sujet ! Donc Chatgpt :-)

Bonjour ! Il peut sembler contre-intuitif qu'une action chute après l'annonce d'une "bonne nouvelle". Cependant, cela arrive régulièrement pour plusieurs raisons. Voici quelques explications courantes :

1. Les attentes étaient déjà intégrées dans le prix

Les investisseurs anticipent souvent les bonnes nouvelles et les prix des actions reflètent déjà ces attentes avant l'annonce.
Ainsi, quand l'annonce officielle survient, elle peut ne pas être aussi impressionnante que ce qui était déjà "prévu" par le marché, ce qui entraîne une vente.
Exemple : Si une entreprise publie des résultats financiers positifs, mais que les investisseurs avaient espéré encore mieux, l'action peut baisser malgré de bons chiffres.

2. La "prise de bénéfices"

Après une bonne nouvelle, les investisseurs qui détenaient l'action en anticipation de cette nouvelle peuvent décider de vendre pour "encaisser" leurs bénéfices.
Cette vente en masse peut créer une pression à la baisse sur le prix de l'action.
C’est souvent le cas lorsqu’une action a connu une montée prolongée et que la bonne nouvelle devient un catalyseur pour les investisseurs pour vendre.

3. Les perspectives futures sont incertaines

Une bonne nouvelle peut masquer des inquiétudes sur le long terme. Par exemple, une entreprise peut annoncer des résultats trimestriels impressionnants, mais donner des prévisions ou des commentaires prudents sur l’avenir.
Si les perspectives sont moins optimistes que prévu, les investisseurs peuvent réagir négativement.
Cela reflète un manque de confiance dans la capacité de l'entreprise à maintenir sa performance dans le futur.

4. Un facteur extérieur ou macroéconomique

Même une bonne nouvelle pour une entreprise donnée peut être éclipsée par des événements externes, comme une crise économique, une montée des taux d'intérêt, ou des problèmes géopolitiques.
Ces facteurs peuvent inciter les investisseurs à vendre des actions même après une annonce positive.

5. La manipulation des marchés (effet "Buy the rumor, sell the news")

Il existe une stratégie connue sous le nom de "Buy the rumor, sell the news" (acheter sur la rumeur, vendre sur la nouvelle).
Les traders achètent l'action en anticipation de la bonne nouvelle, et une fois celle-ci publiée, ils vendent pour profiter de la hausse antérieure.
Ce phénomène peut provoquer une chute de l’action juste après l’annonce.

6. Valorisation jugée excessive

Parfois, même une bonne nouvelle n'est pas suffisante pour justifier la valorisation élevée d'une entreprise.
Si une action est perçue comme surévaluée, les investisseurs peuvent considérer qu'elle a déjà atteint un pic et décider de vendre pour éviter une correction.

En somme, les marchés financiers sont influencés non seulement par les faits actuels, mais aussi par les attentes futures et les émotions des investisseurs.
La relation entre une annonce et l'évolution du cours de l'action est donc plus complexe qu'une simple réaction à la nouvelle elle-même.


Bon Trades !
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar swisstrading » 13 Oct 2024, 14:52

Bonjour,

Merci d'avoir pensé à ouvrir ce sujet !

Merci aussi Shocko de nous avoir apporté ces précisions :)

Pour ma part, suite à une formation que j'avais suivie concernant les actions et investissements à long terme, voici mes paramètres d'analyse technique :

1) BPA supérieur à 0
2) Une trésorerie stable ou en augmentation sur les 3 dernières années
3) Un PER supérieur à 0 et de préférence entre 3 et 15 voire 25 pour certaines actions.
4) L'entreprise a encore de l'avenir ou de nouveaux projets pour l'avenir
5) Le rendement du dividende est supérieur à 0 et au moins égal à l'objectif de rendement que je me suis fixé. Idéalement un versement pluriannuel.

Belle journée !
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar abfx » 14 Oct 2024, 12:50

Bonjour, je l'ai souvent dit lors de mes coachings, et écrit ici parfois aussi, comme sur twitter, mais le marché ne réagit pas à la nouvelle elle-même, mais à la manière dont il l'avait anticipée (et donc déjà intégrée)

Ainsi, si un bon chiffre par exemple est de 10 et que c'est justement ce chiffre qui sort lors d'une news, si le marché avait anticipé 12, alors il est déçu, et il descend malgré une bonne nouvelle a priori
twitter: @a_b_fx

mes articles: topic8547.html

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Re: Analyse fondamentale

Messagepar Myrrdin » 14 Oct 2024, 23:25

J'ai une méthode d'analyse fondamentale, je n'ai pas l'énergie ce soir de faire le (long) post que ça mériterait.

Mais sur les bases disons que je sépare déjà trois stratégies bien distinctes :

-Croissance
-Valeur
-Rendement

1) Les valeurs "croissance" concernent plutôt des petites ou moyennes capitalisations avec une forte hausse des résultats sur les dernières années, des dividendes faibles ou inexistants, un secteur en expansion.

2) Les valeurs "valeur" concernent des entreprises injustement sous-évaluées suite aux déceptions de marché mentionnées supra. On cherche plutôt un PER faible sans raison évidente.

3) Les valeurs "rendement" concernent des entreprises "de père de famille", avec de grosses capitalisations, de gros dividendes, dans un secteur mature.

Il faut croiser tout ça avec de l'analyse technique, évidemment. Je reviendrai peut-être détailler une autre fois.
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar Myrrdin » 15 Oct 2024, 10:18

Je me suis motivé. Je fais un copier-coller de mon journal. Ca va être en deux parties. Désolé pour le double (triple, du coup) post, mais vu le volume, ça me semble nécessaire.

Ma méthode d'analyse fondamentale - 1ère partie

Les bases

Je présente ici ma méthode d'analyse fondamentale sur les actions. Elle n'a pas valeur de vérité, elle est simplement le fruit de mes recherches, et peut être discutée, voire même carrément contestée sans aucun problème.

Il est de coutume de séparer l'analyse fondamentale de l'analyse technique. A mon sens, l'efficacité optimale s'obtient en combinant les deux.
Rappelons tout de même qu’in fine, c’est toujours le technique qui prime : ce qu’on achète et vend, c’est le prix d’une action, pas ses comptes, sa dette ou ses perspectives de croissance. Je réfléchis donc de plus en plus à une pratique de l'investissement où le technique prime sur le fondamental, y compris sur les actions. C'est en cours de réflexion.

Si tout le monde est prêt à acheter de bouse de vache en étant convaincu que c’est du chocolat, ça se vend au prix du chocolat, peu importe ce que c’est. La clé, c’est d’être prêt à revendre tout son stock dès que quelqu’un dit un truc du style « Hé, ça sent bizarre, non ? ».

Ceci étant posé, repartons des bases. Une entreprise n'a, économiquement parlant, qu'une seule fonction : prendre de la thune à des gens, s'en servir pour produire des biens et des services qu'elle vend avec bénéfices pour ressortir plus de thunes. Cela fonctionne, que l'entreprise vende des pommes de terre, des obus, ou des prestations de stages de bien-être par l'équithérapie.
Je parle ici de la fonction économique de l'entreprise en mettant volontairement de côté les questions sociales, éthiques et environnementales, qui sont importantes. Elles n'entrent seulement pas dans le cadre de mon sujet.

Une fois cet argent obtenu l'entreprise peut s'en servir de plusieurs manières :
1) Faire de la croissance : soit par des fusions-acquisitions, soit en se développant en ouvrant d'autres usines/bureaux, en recrutant des salariés, en augmentant les salaires (ce qui permet d'espérer de faire augmenter le niveau qualitatif des employés), en faisant de la recherche et développement... bref, l'entreprise réinjecte l'argent dans son activité
2) Renvoyer l'argent aux actionnaires : sous forme de dividendes, de rachats d'actions notamment
3) Assainir sa trésorerie : en mettant de l'argent en trésorerie, en remboursant ses dettes...

L'argent est obtenu basiquement de deux manières principales :
1) Via les actionnaires : ce sont les capitaux propres
2) Via les banques : c'est l'endettement

D'où il peut déjà apparaître que ce qui nous importe sera d'abord la capacité de l'entreprise à transformer de l'argent en plus d'argent, indépendamment de la manière dont cet argent sera ensuite employé. S'il part dans de la croissance ou de l'assainissement de trésorerie, cela devrait se ressentir dans le prix de l'action. S'il part dans les dividendes, ça se ressentira aussi. Mais il faut d'abord évaluer la capacité de l'entreprise à créer de l'argent. Il existe des indicateurs pour ça, j'en utilise trois. On les calcule à partir du bilan ou on les trouve sur le Net (perso j'utilise Simply Wall Street, ou ABC Bourse).

Indicateurs génériques :

• ROE (Return on Equity) : rapport entre résultat net et capitaux propres, multiplié par 100 pour donner un pourcentage.
• ROA (Return on Assets) : rapport entre résultat net et ensemble des actifs, multiplié par 100.
• ROCE (Return On Capital Employed) : rapport entre résultat d'exploitation après impôts, et somme (dette + capitaux propres) multiplié par 100.

Ici, au-delà du calcul, ce qu'il faut comprendre, c'est ce que nous disent ces indicateurs. Exactement comme en analyse technique, l'indicateur ne vaut que par la compréhension qu'on en a.
Le ROE nous indique la capacité d'une entreprise à transformer l'argent des actionnaires en plus d'argent. Cet indicateur a un gros défaut : il ne prend pas en compte la dette.
Si mon entreprise produit 5€ par an et pour 100€ investis (ce qui n'est pas dingue, mais ça dépend des secteurs), le ROE est de 5%. Mais si je décide d'emprunter 400€ à la banque, je peux produire 25€ (avec mes 500 de capital). Le truc, c'est que le ROE, calculé sur les capitaux propres uniquement, va monter à 25% (ce qui est stratosphérique). Alors que l'entreprise n'est pas si rentable que ça.

D'où le ROA, qui calcule, lui, l'ensemble des actifs. Une forte divergence entre ROE et ROA doit nous faire rechercher un endettement important.

Le ROCE, lui, est mon indicateur préféré : il est "tout-en-un", puisqu'il prend en compte le résultat, les impôts, la dette, les capitaux propres, bref, absolument tout.

A mon sens, le ROCE est le nerf de la guerre, qui conditionne tout le reste.

ROE, ROA et ROCE doivent être comparés au reste du secteur (l'immobilier n'a pas le même ROCE que le luxe). Mais basiquement, on peut globalement dire qu'on attend des ROCE entre 5 et 20%. En-dessous, c'est nul, au-dessus c'est extraordinaire.

Vous êtes toujours là ? Bien. Parlons de la dette, maintenant.

La dette

La dette est l'argent emprunté par l'entreprise aux banques pour alimenter ses activités. C'est un fait, personne n'aime être endetté. Néanmoins, économiquement, ce n'est pas une mauvaise chose. Une entreprise avec un ROCE de 17% qui peut emprunter de l'argent à un taux de 4% aurait tort de se priver !

Il y a néanmoins certaines règles à respecter. Personnellement je n'utilise qu'un seul indicateur pour évaluer la dette : le ratio "dettes/capitaux propres".
J'attends que l'entreprise ait plus de capitaux propres que de dettes, dans l'idéal. Et, si la dette augmente, elle doit augmenter moins vite que les capitaux propres (le ratio diminue). Une entreprise avec un ratio supérieur à 100% et qui augmente est une entreprise qui va avoir des problèmes.

Rappelons que sur la dette, beaucoup de choses dépendent de l'inflation : qui dit inflation forte dit relèvement des taux directeurs, dit emprunt à des taux plus élevés, dit entreprises fortement endettées en forte difficulté.

(Note : certains utilisent le ratio d'autonomie financière, ou même le Price-to-Book Ratio... Comme pour les indicateurs techniques, à mon sens, le succès ne se trouve pas dans la surabondance).

Maintenant que les bases sont posées, parlons des stratégies d'investissement.

Stratégies d'investissement :

Concernant les actions on définit en général trois stratégies viables.

• Valeur : on achète des entreprises injustement sous-évaluées en espérant que le marché va finalement reconnaître qu’elles étaient injustement sanctionnées. Cela implique nécessairement une prise de bénéfices à un moment.
• Croissance : on vise des entreprises en forte croissance en espérant que cette croissance se reflétera dans les prix.
• Rendement : on achète des entreprises dans des secteurs assez matures, qui sortent un rendement régulier sous forme de dividendes. C'est à mon sens la méthode la plus "pépère", économe en énergie mentale, mais pas forcément la plus rentable.

Selon la stratégie choisie (et qui doit être claire dans la tête de l'investisseur quand il prend ses positions), on va rechercher des caractéristiques un peu différentes, même s'il existe des dénominateurs communs. Dans la suite du post, je vais faire un peu plus de lien avec l'analyse technique.

Les dénominateurs communs :

Quelle que soit l'entreprise je recherche :

Pour le fondamental :

L'aspect géopolitique : par exemple, une entreprise française ou US qui fait 75% de son chiffre d'affaires en Chine est vulnérable si la Chine envahit Taïwan => sanctions économiques. De manière générale je ne miserais pas, dans le contexte actuel, sur des entreprises en lien fort avec Chine, Taïwan, Russie, Israël ou n'importe lequel des voisins d'Israël. Encore une fois, ici rien à voir avec l'éthique ou la morale, tout à voir avec la gestion du risque.
Les news : je ne parle pas de la dernière news, mais de l'ambiance générale qui se dégage sur un an. Est-ce que l'ambiance est bonne, catastrophique, mitigée ? Il est aussi intéressant de voir les opérations des insiders : les membres du comité de direction ont-ils vendu en masse récemment ? Ce point est à mettre en rapport avec la capitalisation boursière de l'entreprise (si le PDG d'Air Liquide vend pour 600 000€ d'actions pour acheter une maison de campagne, grand bien lui fasse).
• ROE, ROA, ROCE élevé. Surtout ROCE.
• Ratio d'endettement acceptable et en diminution
• CA et résultat net en augmentation

Pour le technique :
• Tendance haussière ou bas de range
• Absence de surachat
• Acheter proche des supports et loin des résistances

Oui, je sais, c'est fou comme c'est novateur.

Pour des raisons de lisibilité je vais arrêter mon post ici. On détaillera les caractéristiques en fonction de la stratégie dans un post suivant.
Dernière édition par Myrrdin le 15 Oct 2024, 12:25, édité 1 fois.
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar Myrrdin » 15 Oct 2024, 10:19

Ma méthode d'analyse fondamentale - 2ème partie

Maintenant que nous avons bien défriché ce qu'on attend globalement d'une action, détaillons les caractéristiques attendues en fonction de la stratégie choisie. Une fois qu'on a compris les bases, le raisonnement se déroule assez naturellement.

On rappelle que je définis (enfin, ce n'est pas "je", c'est globalement consensuel) trois manière d'aborder l'investissement sur actions :
• Croissance
• Valeur
• Rendement

Stratégie basée sur la croissance

Fondamental :
• Entreprise dans un secteur en expansion. Alors attention aux Eldorado aussi. Par exemple, l'IA, c'est la grande mode aujourd'hui, mais c'est aussi un secteur très concurrentiel. A mon sens, aujourd'hui, les secteurs en expansion sont l'IA, les armes, et l'électricité bas carbone. Point de vue perso.
• Petite ou moyenne capitalisation : hé oui. C'est plus facile pour une petite entreprise de grossir, que pour un mastodonte. Qui, entre la start-up qui crée un logiciel de bureautique révolutionnaire commandé par télépathie, et Microsoft, a le plus de chances de doubler son chiffre d'affaires sur 5 ans ?
• Un fort endettement n'est pas gênant, mais il doit être maîtrisé (le ratio d'endettement n'augmente pas).
• Un gros PER ne me dérange pas, il peut se justifier par les attentes des investisseurs.
• En revanche, le ROCE, ROE et ROA doivent être fabuleux
• Dividende faible ou inexistant ! Tout l'argent de l'entreprise doit être employé pour se développer. Une entreprise dans un secteur en plein boom, avec un bon concept, qui s'endette pour se développer, qui se sert de ces atouts pour faire des gâteries aux actionnaires est une entreprise mal gérée, ou, en tout cas, pas compatible avec une stratégie basée sur la croissance. Le taux de distribution des dividendes (dividende/BNA) doit être proche de 0, voire à zéro.
• Quelques remarques sur le risque : les petites entreprises grossissent plus facilement que les grosses, mais elles se plantent aussi plus souvent. Il convient donc de bien répartir son risque, d'une part. D'autre part, sur les entreprises endettées, garder un oeil sur l'index des prix à la consommation => préfigure l'inflation => préfigure la hausse des taux => préfigure une période compliquée pour notre entreprise brillante mais dépendant des banques pour financer sa croissance.
• Se méfier des effets d'engouement quand tout le monde dit qu'une entreprise est géniale : c'est généralement le moment des prises de bénéfices
• Se méfier aussi de la croissance obtenue par du management "à l'américaine" où on vire d'un coup plein de gens pour augmenter sa marge et faire plaisir aux actionnaires. On a vu ça avec Elon Musk sur Twitter : jeter les rameurs à la mer n'est pas une stratégie valide pour alléger un navire. Concrètement, ça va se voir par une augmentation des marges combinée à une baisse importante de l'effectif. A ce moment, c'est bien de comprendre ce qu'il s'est passé. Est-ce que c'était un dégraissage nécessaire, ou un dégraissage qui a aussi emporté la moitié du muscle avec ?

Technique :
• Tendance haussière forte et indiscutable
• On peut tolérer le surachat si l'on croit dans les fondamentaux

Stratégie basée sur la valeur :

Ici, on cherche une entreprise injustement sanctionnée par le marché. J'insiste sur le "injustement".

Fondamental :
• PER faible par rapport au secteur
• Ratio "prix de l'action/Fair Value" inférieur à 1 voire si possible à 0,8. Note : la Fair Value, contrairement au PER, inclut les estimations et attentes des analystes sur les bénéfices futurs. Je la préfère au PER.
• Idéalement : justifié par des news qui ne remettent pas en cause l'entreprise, mais traduisent la déception des investisseurs (par exemple, on attendait des bénéfices record et ils sont simplement très bons).
• Se méfier des profit warnings, de l'endettement... tout ce qui peut justifier que l'entreprise se vautre pour de bon (un exemple récent étant Orpéa quand l'endettement lui a explosé au visage).
• Idem si le secteur est structurellement en déclin


Technique :
• Achat sur tendance haussière, ou bas de range
• Survente importante
• Note : on peut aussi employer cette technique, de manière spéculative, sur des actions en tendance baissière mais en nette survente. C'est le principe de trader un début de correction. Évidemment, c'est moins confortable. Mais ça reste possible. Par exemple, l'entreprise a vu sa marge opérationnelle baisser de 10%, mais l'action a perdu 40% de sa valeur et les perspectives ne sont pas si mauvaises.
• Note : la stratégie classique de retour à la Kijun est, si l'on y réfléchit, un mix entre stratégie de croissance (tendance haussière) et de valeur (retour sur un support à des prix plus raisonnables)
• Surveiller l'historique des prix ! Le marché est plein d'entreprises, notamment dans le secteur bancaire, avec des PER ridicules, mais quand on regarde l'historique, la valorisation est ridicule depuis des années. Aucune raison d'envisager que ça va changer.

Stratégie basée sur le rendement :

C'est le placement de "père de famille". On cherche des actions solides avec un dividende régulier, qu'on oublie dans un coin en attendant de percevoir les bénéfices.

Fondamental :
• Grosses capitalisations : on ne demande pas à l'entreprise de grossir, on lui demande de ne pas mourir.
• Endettement acceptable (ratio dettes/capitaux propres ou autonomie financière)
• Taux de distribution des dividendes important
• Historique de dividendes stables ou en augmentation
• On n'attend pas de cette entreprise une croissance hallucinante en termes de marge opérationnelle, chiffre d'affaires etc...
• Secteur pépère, dénué de surprises, peu sensible à la politique (le bancaire étant idéal)

Technique :
• On achète sur support, mais comme on est sur du long terme, on peut aussi acheter en ZE de range
• On se permet d'acheter sans signal d'achat : ce qu'on veut, c'est acheter pas cher une action d'une entreprise qui a) ne meurt pas et b) continue de verser des dividendes
• Ça vaut le coup d'attendre longtemps ("longtemps" se comptant en années) pour acheter l'action pas cher. Prenons l'exemple de Société Générale : le dividende est actuellement à 0,90€. Acheter à 30€ avant le Covid aurait donné un rendement de 3% Acheter à 15€ pendant le Covid (et ce n'est même pas le meilleur prix) aurait donné un rendement de 6%. Je ne parle même pas du prix de l'action en soi (parce que si l'action se casse la figure de 50%, il faut 24 ans de rendement à 3% pour rattraper le coup).
• Ça pose aussi la question des prises de bénéfices. Si j'achète une action de rendement, avec un rendement de 6%, et qu'elle prend, mettons, 100%. Est-ce que je prends mes bénéfices (12 ans d'un coup quand même), ou est-ce que je reste sur ma stratégie de départ ? A mon sens la réponse à la question dépend : si on privilégie l'argent, oui. Si on privilégie l'énergie mentale, on reste (et ça signifie qu'on accepte de prendre potentiellement la correction). Ce sont des choix qui relèvent plus du mode de vie que de la finance à mon sens.

Conclusion :

Il est important, comme en analyse technique, d'avoir une méthode et de ne pas se laisser influencer par la dernière news qu'on a vu. On doit raisonner et se demander ce qui est vraiment important.

La question fondamentale, pour une entreprise, c'est sa capacité à générer de la valeur, ce qui se définit essentiellement par le ROCE. Ensuite, la question de comment est employé cet argent détermine ce qu'on attend d'une entreprise : du dividende ? De la croissance ?
La plupart des entreprises sont assez "mixtes" entre croissance, valeur, rendement (par exemple, Air Liquide qui distribue des dividendes réguliers et des actions gratuites, tout en augmentant graduellement). Mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre et il est rare qu'une entreprise coche toutes les cases, d'où l'importance d'avoir une stratégie.

Et, derrière la stratégie, il y a aussi des choix en termes de mode de vie : à quelle fréquence veut-on surveiller ses actions, par exemple ?

Par ailleurs, il faut toujours regarder les prix : ce sont eux qui comptent, au final. Mais le fondamental permet d'éclairer les choix faits, et de confirmer nos décisions.
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Re: Analyse fondamentale

Messagepar DarkandGold » 15 Oct 2024, 11:40

Merci pour vos retours à ce jour ! Je pense que c'est enrichissant pour tout le monde de partager individuellement sa façon d'aborder les marché, aussi bien techniquement que fondamentalement :) .

C'est extrêmement intéressant ce que vous dites Shocko et abfx concernant le décalage qu'il peut y avoir entre le prix et les news. En fin de compte, l'aspect "psychologie de masse" est important à prendre en compte pour comprendre certaines réactions sur le marché.

Merci aussi énormément à swisstrading et Myrrdin pour cette réflexion ultra détaillée :D d'avoir partagé votre méthode d'analyse fondamentale avec les chiffres clés et ratios que vous utilisez. Je remarque que certains indicateurs reviennent avec beaucoup de récurrence quant il s'agit d'éplucher une entreprise. Notamment le PER, les BPA, le ROE, le ROA, le ROIC, et des indicateurs mesurant le niveau d'endettement (j'utilise d'ailleurs le même que toi Myrrdin, à savoir un ratio Dettes / Capitaux propres inférieur à 70% si possible).
Je me permettrai de rajouter aussi d'autres éléments que je trouve potentiellement pertinents, à savoir les Marges brutes, opérationnelles et nettes.

Dans l'investissement, le fondamental a tendance à nous dire "quoi" tandis que l'analyse technique peut nous indiquer "quand".
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