Quelques réflexions suite à mes dernières expériences de trading. Je rappelle que ma logique a été, ces derniers mois, de travailler sur graphique nu, pour ne regarder que les prix, et voir quels schémas se dégagent.
Je l'ai déjà évoqué plusieurs fois, mais je crois fermement à la nécessité de faire émerger sa propre méthode, en faisant des allers-retours entre théorie (définition de la méthode, règles d'entrée etc) et pratique (trading concret). Déjà, une règle de base : ne jamais changer la méthode pour un trade. On la change
après : on a débriefé à froid, et réalisé que, d'accord, le surachat peut être ignoré dans certains cas (ce n'est pas mon point de vue à l'heure actuelle, c'est un exemple). Mais on ne "s'autorise" pas à modifier la méthode en cours de route pour pouvoir prendre un trade qu'on a très envie de prendre.
Pour améliorer la méthode, il faut des critères d'évaluation. Les miens sont toujours les mêmes : sens, objectif, stop, signal, money management, psychologie.
Autre chose importante : la méthode doit partir de concepts simplissimes. Ceux que tout le monde voit. Loi de Dow, 50%, points pivots... des trucs simples. Et, de mon point de vue, le moins d'indicateurs possibles. Les chandeliers japonais à eux tous seuls donnent déjà tellement d'informations, l'Ichimoku aussi, que personnellement je suis déjà noyé avec. La difficulté réside plus dans la nécessité de trier que dans le manque de données.
Voilà pour les généralités. Maintenant, dans les trucs plus spécifiques que j'ai mis en théorie, et que j'utilise en ce moment.
Supports-résistances :J'étais parti dans une logique de tracer des résistances uniquement horizontales (je ne fais plus confiance aux obliques, on en reparlera). L'idée était de prendre des zones-clés où les prix ont réagi plusieurs fois, en prenant le plus de mèches possibles.
Le problème, c'est que c'est discutable. Je prenais les zones de rebond, ou d'hésitation. Mais une "réaction" des prix, c'est quelque chose de flou. Ce qui signifie que les intervenants ne voient pas tous la même chose. Problématique.
J'avais aussi l'impression de voir un "pas de cotation" : des S/R espacés en gros du même espace. Mais là aussi, des fois ça marche, des fois non. Donc autant dire que ça ne marche pas.
Au final, ce que je retiens, et qui marche en gros tout le temps :
1) Les plus hauts et les plus bas
2) Les 50% (donc en gros, des lignes Ichimoku)
Et, dans une moindre mesure :
3) Retracements de Fibonacci (uniquement ceux des très gros mouvements, chute du Covid sur les indices par exemple)
4) Cibles Ichimoku : j'ai mis un peu de temps à domestiquer le truc, mais c'est démesurément simple une fois qu'on a pris le pli, et très intuitif. Et surtout, ça permet de fixer des objectifs pour des titres qui sont sur leurs plus hauts historiques. J'en reparlerai une autre fois, mais c'est vraiment intéressant.
Alors maintenant, la question, c'est pourquoi ne pas juste remettre l'Ichimoku directement puisque j'ai admis que les 50% étaient des niveaux cruciaux ? Deux raisons :
Primo : raison psychologique. J'ai besoin de décortiquer et disséquer pour bien tout comprendre, avant d'utiliser. C'est à cette seule condition que la méthode sera tenable psychologiquement. C'est valable pour moi en tout cas.
Secundo : j'ai depuis pas mal de temps l'intuition que certains niveaux Ichimoku sont plus importants que d'autres. Notamment, les 50% d'une belle hausse bien nette sont un niveau fort. C'est aussi souvent une Kijun/SSB, mais c'est un niveau qui me semble souvent plus intéressant que le petit plat de Kijun qui est juste à côté. Et pour "faire le tri", il faut regarder les prix. On en revient toujours à la même chose : je n'ai pas besoin de "compléter l'Ichimoku", mais de contextualiser les informations. Certains niveaux Ichimoku sont à mon avis plus importants que d'autres.
Quoiqu'il en soit, autour d'une S/R, les prix peuvent faire trois choses : traverser, rebondir, faire un range. Et repartir vers le haut ou vers le bas.
Quelques exemples en images :Je prends l'EUR-USD en journalier.
1) Approche "au doigt mouillé de où je crois qu'il y a possiblement une vergence dans la Force"
2) Approche "loi de Dow" (plus hauts et plus bas majeurs)
Note : j'ai oublié un petit plus bas à la fin, erreur corrigée dans les graphes suivants.
3) Approche "50%"
4) Approche Ichimoku croisée avec 50%
Bon, ça semble compliqué comme ça, mais avec un peu d'entraînement ça va très vite. L'idée est de "prioriser" les niveaux Ichimoku correspondant à des "moitiés de vagues".
Notion de mouvement :J'ai maintenant relativement systématisé ma lecture des mouvements. Je travaille sur 3 UT.
La règle primordiale est la suivante : on ne passe sur l'UT inférieure que si l'UT supérieure donne déjà envie de faire quelque chose. Sinon, on ne la regarde même pas. Elle va juste nous tenter alors qu'on sait que c'est idiot. Ma meilleure manière de résister à la tentation de faire des bêtises ? Ne pas s'exposer à la tentation.
Donc, si la grosse UT donne envie d'acheter par exemple, je regarde où on en est du mouvement : début, milieu, fin. L'idéal est pour moi entre la fin du début, et la fin du milieu (mettons entre 25% et 60% du mouvement) : je veux un mouvement déjà lancé.
Ensuite, je descends d'un niveau. Là, je fixe mon objectif et mon stop. Pour le coup, on veut chopper le début du mouvement (d'où l'UT la plus petite pour affiner l'entrée). Mais l'UT petite ne sert qu'à améliorer le ratio, elle est finalement celle qui est la plus secondaire. J'ai remarqué que si je la regarde trop souvent, je finis par "glisser" d'un niveau : si je regarde trop le H4 qui est censée être ma petite UT, je finis par piloter mon trade en H4 et regarder le H1. Ça se finit rarement bien.
Ce principe de "hiérarchie des UT" marche franchement bien pour moi.
On n'ouvre une UT inférieure que si l'UT supérieure donne envie d'entrer direct. Alors seulement, on peut affiner.Intégration dans le mode de vie :Je ne me pose pas trop de questions sur la psychologie. Pour moi, c'est un apprentissage comportemental. Quand on fait de la plongée, on apprend à garder la bouche fermée sous l'eau par l'expérience, pas par la théorisation. Je crois beaucoup en l'entraînement, à condition d'avoir des critères (cf plus haut) pour dire si un trade est bon ou pas.
J'ai "calé" la fréquence à laquelle je regarde mes écrans. Je donne l'exemple en hebdo/journalier/H4.
En début de semaine, je fais une liste des paires (Forex) qui ont amorcé un mouvement intéressant. Je les surligne. Ce sont les paires que je regarderai une fois par jour.
Ensuite, en début de journée, je regarde les paires qui ont l'air de réagir sur un S/R (plus haut/plus bas/50%/cible Ichimoku). Si ça va dans le même sens que l'hebdomadaire, je surligne d'une façon différente. Je place déjà mon stop et TP si j'entrais.
Ce sont les paires que je regarde toutes les 4 heures.
Si en H4 on a un signal qui va dans le même sens que les 2 UT du dessus, j'entre.
Je regarde à nouveau en fin de journée pour le journalier, et je réactualise en fonction.
Je fais ça quelle que soit l'UT :
-Hebdo/Journalier/H4 : un point hebdomadaire, deux points par jour pour les paires intéressantes en hebdo, un point par 4 heures pour les paires intéressantes en journalier.
-Journalier/H4/H1 : un point journalier, un point par 4 heures pour les paires intéressantes en journalier, un point par heure pour les paires intéressantes en H4.
Note :Je fais deux points par jour parce que, sur le Forex, une journée ça fait 6 bougies H4, ce qui me semble beaucoup. J'aime bien jeter un œil en cours de route. Si on descend d'une UT, on a 4 bougies H1 toutes les 4 heures, ce qui me semble plus raisonnable.
Notion de malveillance du marché :Je me suis rendu compte que j'entrais en général de manière trop précoce. Très souvent, le marché casse (ou essaie de casser, comme dans le cas du post précédent) le stop juste après. Cela se produit de manière trop fréquente pour être aléatoire. On a un signal tentant à un petit détail qui cloche près, et le vrai signal arrive une ou deux bougies plus tard, après que le marché ait atteint le point où on aurait probablement mis le stop si on était entré avant.
Ou bien les lignes de tendance qui donnent envie de travailler un rebond, et cassent pile au moment où tout le monde les voit.
Tout ça se produit trop souvent pour être un hasard. J'ai donc énoncé un principe simple : le principe de malveillance du marché.
Le marché est intelligent, et cette intelligence est pétrie de malveillance. Parce que "le marché", ce sont des professionnels qui veulent gagner des sous. Et cet argent doit bien venir de quelque part, donc en général des non-professionnels (nous). Donc ils tendent des pièges, avec un appât. Des gens formés à la finance comportementale, qui étudient activement comment nous piéger. Ce n'est pas qu'ils veuillent vraiment nous piéger, mais ils veulent des sous, et le résultat est le même. La bonne nouvelle, c'est que ça implique donc qu'ils suivent des règles, un schéma compréhensible avec assez d'étude.
En d'autres termes : quand on a un signal, il faut vérifier que le signal est parfait, et surtout que le contexte est bon. S'il ne l'est pas, c'est très probablement une arnaque. A ce moment, le vrai signal arrive souvent peu après.